Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Saturday, June 2, 2012

Gaz de schiste - retour à Pavillion, au Wyoming

Photo: Jon Hurdle

Cela fait déjà plus de 4 décennies que le premier puits gazier a été foré sous les champs agricoles de Pavillion, au Wyoming. Mais pour ceux qui vivent ici, au pied des montagnes Wind River Mountains, avec les tours de forage sont venus plus que les emplois et l'industrie.

Depuis quelques années, un petit groupe de fermiers et de propriétaires terriens d'un peu partout de ce bassin versant rural du Wyoming se plaignent que leur puits d'eau potable ont été contaminés avec des produits chimiques utilisés par la technique controversée appelée fracturation hydraulique.

Un rapport préliminaire de l'EPA sorti en décembre semble confirmer leurs préoccupations, établissant des liens entre ces produits chimiques trouvés dans l'eau souterraine de la région et les forages gaziers.

Mais ici, aux premières loges des batailles contre la fracturation, une technique de plus en plus utilisée pour extraire des réserves pétrolières et gazières autrefois inaccessibles, il n'y a pas de conclusions tranchées.

Après une sortie du gouverneur du Wyoming Matt Mead et l'industrie clamant que le rapport fédéral était prématuré et sans conclusions définitives, d'autres tests ont été fait par le USGS (United States Geological Survey) et sont analysés par des laboratoires. L'EPA aussi est à prélever d'autres spécimens d'eau afin de les étudier.

Entre-temps, l'état a offert de fournir des citernes d'eau potable aux résidents lésés de l'endroit, profitant d'un montant de $750,000 alloués par la législature de l'état cet année. Sous se plan, les gens doivent quand même payer un montant forfaitaire pour faire transporter leur eau de Pavillion, et cela pourrait leur coûter jusqu'à plus de $150 par mois.

"J'aimerais bien que l'industrie soit redevable, pour une fois." dit Jeff Locker, un fermier de paille et d'orge qui dit que l'eau de son puits n'est plus bonne depuis environ 1995 et que les contaminants ont empiré la neuropathie de son épouse. "Nous avons la preuve scientifique. Pourtant, ils nous tournent encore le dos. Ils s'attendent à ce que l'on débourse de $100 à $200 alors que nous n'avons rien fait. Çà m'écoeure."

Encana Oil and Gas (U.S.A.) Inc. a acheté les exploitations gazières de Pavillion en 2004 et opère environ 125 puits de gaz dans la région. La compagnie fournit déjà des cruches d'eau potable à M. Locker et 20 autres familles. Ce n'est pas clair si la compagnie va aider à payer les coûts de la citerne d'eau.

"Tant qu'il n'y a pas une étude scientifique avec évaluation de la recherche par les pairs et une bonne base scientifique qui indique que les questions relatives à l'eau et les liens avec nos opérations, ce n'est pas un sujet que nous sommes disposés à discuter." dit Doug Hock, un porte-parole d'Encana.

Encana soutient que l'eau de la région est d'une pauvre qualité naturellement et que ses opérations n'ont pas provoqué les problèmes. La fracturation s'est faite avant que la compagnie ait acheté les opérations gazières de la région. De plus, l'industrie ne cesse de mentionner qu'il n'y a jamais eu de liens établis entre la fracturation et la contamination de l'eau.

M. Hock dit qu'on ne devrait pas être surpris des données des puits de monitorage de l'EPA qui indiquent des niveaux de concentrations élevés de méthane et de benzène parce qu'ils ont été creusés profondément dans une région gazière exploitée.

Mais des gens de la place disent que l'analyse des spécimens d'eau du rapport préliminaire qui identifient les produits chimiques synthétiques qui concordent avec les forages gaziers et les fluides de fracturation hydraulique est la preuve de ce qu'ils soupçonnaient depuis des années.

"Voici des gens qui avaient de la bonne eau." dit John Fenton, un fermier bien bâti et président du groupe citoyen local Pavillion Area Concerned Citizens. "Et tout a changé quand il y a eu cette ruée pour venir ici et exploiter la région, alors qu'ils n'en comprenaient pas la géologie."

M. Fenton dit qu'il pensait s'en tirer pas mal jusqu'à environ 3 ans de cela, quand son eau de robinet a commencée à faire des bulles à l'occasion, et sentir le pétrole. Et bien qu'Encana lui fournit de l'eau potable, M. Fenton dit que lui et sa famille se lavent toujours dans cette eau sale.

Renny MacKay, un porte-parole pour M. Mead, dit que le gouverneur s'est promis de trouver une solution à long terme pour environ 20 résidences dont l'eau contient des contaminants pendant qu'on étudie la source de la pollution.

"Le gouverneur croit qu'on a besoin d'encore plus de données, plus de science qui sera évaluée par des pairs, et on verra ce que l'on fera à partir des conclusions." dit-il.

Durant une réunion à l'école secondaire de la ville un jeudi soir, les autorités environnementales et responsables de l'eau ont expliqué le fonctionnement des citernes aux quelques 50 personnes qui sont venues assister à la soirée d'information.

Certaines personnes se préoccupaient que la valeur de leur propriété serait à la baisse à cause de l'attention médiatique portée au problème de contamination de l'eau.

"La plupart des propriétés d'ici ne sont pas touchées." dit Jon Marin, un propriétaire terrien local. "Il n'y a rien qui fait défaut. On a une formation gazière peu profonde. Au-delà de 200 pieds de profondeur, c'est presque certain que vous allez trouver du gaz naturel. Ce n'est pas un problème de fracturation."

La plupart des résidents semblaient accepter qu'on installe des citernes d'eau, posant beaucoup de questions aux personnes responsables. Combien cela coûtera-t-il? Est-ce que c'est la seule option proposée? Et quoi penser des autres prélèvements d'eau tirés par le USGS dont les résultats ne seront connus qu'à l'automne? Et le rapport préliminaire de l'EPA et les nouvelles données qui seront révisées par un groupe de travail indépendant? Pour le moment, il y a encore beaucoup de questions sans réponses.

Louis Meeks, un propriétaire terrien dont l'eau du robinet sent le diesel, écoutait attentivement. Il dit qu'il a tenté de nettoyer l'eau de son puits depuis des années sans y parvenir, et ne laisse plus sa petite fille se laver ou laver ses vêtements chez lui. Dernièrement, M. Meeks a imprimé des cartes d'affaires pour quiconque intéressé à son cas. L'image d'un verre d'eau est bien en vue.

"Fraîchement pétillante... fracturée" dit sa carte d'affaire.

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"In Land of Gas Drilling, Battle for Water That Doesn’t Reek or Fizz
By DAN FROSCH
Published: June 2, 2012

PAVILLION, Wyo. — It has been more than four decades since the first well was drilled in the natural gas field beneath this stretch of slow rolling alfalfa and sugar beet farms. But for some who live here, in the shadows of the Wind River Mountains, the drilling rigs have brought more than jobs and industry.

For the last few years, a small group of farmers and landowners scattered across this rural Wyoming basin have complained that their water wells have been contaminated with chemicals from a controversial drilling technique known as hydraulic fracturing, or fracking.

A draft report by the Environmental Protection Agency, issued in December, appeared to confirm their concerns, linking chemicals in local groundwater to gas drilling.

But here on the front lines of the battle over fracking, which has become an increasingly popular technique to extract previously unobtainable reserves of oil and gas, no conclusion is yet definitive.

After an outcry from Wyoming’s governor, Matt Mead, and the energy industry that the federal report was premature and inconclusive, more testing was conducted by the United States Geological Survey and is being processed. The E.P.A. is also in the midst of collecting additional water samples for study.

In the meantime, the state has offered to provide cisterns for local residents, using $750,000 allocated by the Wyoming Legislature this year. Under the plan, people here would still have to pay a fee to have their water hauled from the nearby community of Pavillion, at a cost that could run more than $150 per month.

“I’d like to have the industry held accountable for once,” said Jeff Locker, a hay and barley farmer who said that his well water had gone bad around the mid-’90s and that the contaminants had contributed to his wife’s neuropathy. “We’ve got scientific proof. And they’re still turning their back on us. They expect us to pay between $100 and $200 for something we didn’t cause. It gets under my skin.”

Encana Oil and Gas (U.S.A.) Inc., which bought the Pavillion gas field in 2004 and operates about 125 gas wells in the area, is already providing jugs of drinking water for Mr. Locker and 20 other households. It is unclear whether Encana will defray any of the cost of the cistern water.

“Until there is a peer-reviewed study and a good scientific basis that indicates that the issues related to water are related to our operations, that is not something we are ready to address,” said Doug Hock, an Encana spokesman.

Encana has maintained that water in the area is naturally poor and that its operations did not cause the problems — fracking had also occurred before the company purchased the gas field. Moreover, the energy industry has steadfastly pointed out that there has never been any conclusive link between fracking and water contamination.

Mr. Hock said it should have come as no surprise that the E.P.A.’s two monitoring wells showed high levels of methane and benzene because they were drilled deep into a natural gas field.

But some locals say the draft report’s analysis of water samples, which identified synthetic chemicals consistent with natural gas drilling and hydraulic fracturing fluids, is proof of what they suspected for years.

“These are people that had good water,” said John Fenton, a barrel-chested farmer and chairman of the Pavillion Area Concerned Citizens group. “And it changed when there was this rush to come in here and develop the area when they didn’t understand the geology.”

Mr. Fenton said he thought he had dodged a bullet until about three years ago, when his tap water began occasionally fizzing and smelling like petroleum. And even though Encana is giving him drinking water, Mr. Fenton said he and his family still bathe in dirty water.

Renny MacKay, a spokesman for Mr. Mead, said the governor was committed to figuring out a long-term fix for about 20 homes whose water was found to contain contaminants while the source of the pollution is studied.

“The governor believes let’s get more data points, let’s do more science on this that is peer reviewed and whatever the conclusion, you go from there,” he said.

At a meeting at the town high school on Thursday night (May 31 2012), state environmental and water officials explained how the cisterns would work to about 50 people in attendance.

Some worried about their property values being deflated because of the attention the water contamination had drawn.

“Most of the property out here is fine,” said Jon Martin, a local landowner. “There’s nothing wrong with it. This is a shallow gas field. When you pass 200 feet, you’re liable to hit natural gas. This isn’t a fracking problem.”

Most residents seemed open to installing cisterns, peppering the officials with questions. How much would it cost? Was this the only option? And what of the additional water samples drawn by the United States Geological Survey, whose results will be released this fall, and the E.P.A.’s draft report and new data, which will be reviewed by an independent panel? For now, there were plenty of unknowns.

Louis Meeks, a landowner whose tap water reeks like diesel fuel, listened quietly. He said he had been trying to clean his water for years to no avail, and no longer lets his granddaughter wash her clothes or bathe in his home. Recently, Mr. Meeks printed business cards for anyone interested in his predicament. A glass of water is pictured prominently.

“Fresh, fizzy ... Fracked,” the cards read. "

Link: http://www.nytimes.com/2012/06/02/us/in-land-of-hydraulic-fracturing-a-battle-over-water-pollution.html

Thursday, May 31, 2012

Gaz de schiste - la richesse des uns, le risque des autres...

What kind of future in store for the people living along the coasts of the Gulf of St.Lawrence and on Magdalene Islands if the oil and gas industry has it's way?

Wednesday, May 30, 2012

Pétrole: un SOS est lancé

Le Texas, c'est beaucoup plus que des puits de pétrole et de gaz

Une famille dénonce la toute puissance des pétrolières qui menacent d'exproprier son terrain pour faire passer un oléoduc en plein milieu de ses terres.

Traduction du texte qui accompagne le YouTube mis en ligne.

Une promenade sur le terrain boisé de David Daniel près de Winnsboro, au Texas. David et son épouse on tombé en amour avec cette terre et espérait la léguer à leur fille de 4 ans. Mais la propriété serait divisée en 2 par le projet d'oléoduc de TransCanada qui importerait la production des sales sables bitumineux de l'Alberta.

Quatre sources d'eau douce émergent de la zone prévue pour la construction du pipeline. David dit que son coeur a cessé de battre un instant quand il a aperçu le premier piquet planté par les arpenteurs.

Il décrit sa rencontre avec les arpenteurs-géomètres de TransCanada qui se trouvaient illégalement sur sa propriété: ils se sont enfui, finalement.

Il parle aussi de ses échanges avec des gens malades d'avoir été en contact avec les toxines du déversement de pétrole dans la rivière Kalamazoo au Michigan. Il affirme que TransCanada n'a pas de plan d'urgence en cas de désastre et a l'impression que TransCanada considère sa famille comme des rats de laboratoire. Il considère que les représentants des compagnies mentent de façon récurrente et sa lutte qui dure depuis 3 ans et demi avec elles lui a enlevé sa vie normale.

"Le peu de respect pour nos vies, et la vie de notre petite fille, ainsi que de la ressource, n'est tout simplement pas acceptable." dit-il. David et sa famille, ainsi que tous ceux qui vivent tout le long du trajet de l'oléoduc ont besoin que le peuple de l'Amérique vienne à leur défense.
Renewable Rider Tom Weis and Ron Seifert get a walking tour of David Daniel's wooded homestead in Winnsboro, TX. The property he and his wife fell in love with, and dream of passing on to their 4-year old daughter, would be split in half by TransCanada's toxic tar sands pipeline. Four fresh water springs fall within the construction zone.

David describes the moment he found the first survey stake on his property: "My heart just dropped." He shares a story of approaching five "jittery" TransCanada surveyors who had been illegally trespassing on his property and "took off running." He describes meeting with people sickened by toxins from Michigan's Kalamazoo River tar sands oil spill, saying TransCanada, which doesn't have an emergency response plan, is treating his family like a "lab rat." He talks about how company representatives regularly engage in "bold faced lying" and the toll the 3 ½ year fight has taken on their lives: "The disrespect for our lives, and the lives of our daughter and the resources is just unacceptable."

David, his family, and everyone else living up and down the pipeline route need the American people to come to their defense.

Monday, May 28, 2012

Agriculture industrielle - la folie de travailler contre la nature

La folie de la grosse agriculture: pourquoi la Nature va toujours vaincre.

L'agriculture industrialisée à grande échelle dépend sur l'ingénierie des terres pour assurer une absence de diversité naturelle. Avec l'apparition récente de "mauvaises" herbes tolérantes aux herbicides sur des fermes Américaines, la nature trouve ultimement une façon de miner l'uniformité et s'affirmer.

Traduction libre d'un texte écrit par Verlyn Klinkenborg.

Durant sa très courte et honteuse montée, la "grosse" agriculture a toujours une seule chose comme but: l'uniformité. L'exemple évident, c'est le maïs. Le département de l'agriculture aux États-Unis prédit que les fermiers de l'Amérique, les gros producteurs, sèmeront 94 millions d'acres de maïs cette année. C'est l'équivalent de semer du maïs sur la surface totale de l'état du Montana. Afin d'arriver à ce but, il faudrait s'assurer que chaque pouce carré du Montana respecte les paramètres pour la culture du maïs. Cela voudrait dire aplanir les inégalités du terrain, irriguer les endroits secs, drainer les endroits humides, fertiliser les endroits stériles, ainsi de suite. Le maïs est habituellement cultivé où le terrain est moins rigoureux qu'au Montana. Mais même au Iowa, cela a exigé que l'on égalise, irrigue, draine, fertilise et bien sûr, arroser.

Vous pouvez argumenter que l'uniformité est le résultat de l'efficacité, ou son contraire. Mais supposons que l'efficacité n'est que l'expression économique de l'uniformité. L'argumentaire est le suivant: quand vous êtes devant un champs de maïs dans le Midwest américain, vous savez que vous contemplez la nature à laquelle on a ajouté une idée. Cela porte beaucoup moins à la confusion et est beaucoup moins confus que la nature que vous pouvez même voir dans un fossé sur le bord d'une route qui traverse un champs de maïs, ou dans l'un des derniers champs de prairie intouchée qui survit dans un cimetière ou le long d'une voie ferrée abandonnée. La nature est parfois difficile à comprendre. Le maïs, lui, est stupéfiant.

Les humains ont passé beaucoup de temps à tenter de comprendre la vraie nature de la Nature. C'est difficile à se mettre la tête autour de cette idée, parce que nous vivons à la vitesse de la nature et à l'intérieur de la vision abstraite de l'humanité. Nous remarquons à peine les différences à grande échelle d'une année à l'autre, encore moins les petites d'une minute à l'autre. Mais si nous pouvions accélérer un tout petit peu le passage du temps et observer davantage, nous pourrions comprendre que la grande mission de la nature est d'essayer la vie partout et de toutes les façons qu'elle le peut, et cela veut dire partout et n'importe comment. Il en résulte, à long terme et immédiatement, une diversité, une complexité, une particularité et une capacité d'invention à une échelle que nos cerveaux peuvent à peine comprendre.

Une agriculture raisonnable ferait de son mieux pour imiter la nature. Plutôt que changer la planète pour s'adapter à une récolte, c'est ce ue nous faisons avec le maïs et le soya ainsi qu'une poignée d'autres récoltes agricoles, nous devrions diversifier nos récoltes pour s'adapter aux particularités de la planète. Cela n'arrivera jamais avec la grande culture, parce que l'agriculture industrielle est irrationnelle. C'est là que nous démontrons, à des coûts inimaginables, notre incapacité de comprendre comment la nature fonctionne. C'est là que l'uniformité est toujours éventuellement perdante devant la diversité, et où l'idée que ce fait la grande culture de la diversité s'est révélée être plus uniforme que jamais.

Pour une récolte uniforme comme le maïs, les fermiers ont été encouragés à épandre un herbicide uniforme pour tuer les "mauvaises herbes". Le maïs moderne est génétiquement modifié pour résister aux herbicides utilisés routinièrement. La plupart du temps, cet herbicide est du glyphosate, mis sur le marché par la marque de Monsanto appelée Roundup. Les fermiers ont épandu et arrosé des milliards de gallons de Roundup grâce à une prémisse économique et morale qui dicte que le maïs, c'est bien, les "mauvaises herbes" c'est mal. Mais pourtant, on ne peut s'empêcher de constater que cela n'arrête pas la nature de se réinventer.

Pour les plantes à feuilles de grande surface et les micro-organismes, le Roundup ne représente pas l'apocalypse. C'est tout simplement un défi modeste, temporaire, ce qui explique pourquoi 15 ans après l'introduction des récoltes qui tolèrent le Roundup, il ne fonctionne plus pour contrôler les nouvelles générations de "mauvaises herbes" qui peuvent maintenant survivre au Roundup, surtout dans les champs de coton. C'est parce que la recherche dans le laboratoire de la nature ne cesse jamais. La nature explore toutes les possibilités. Elle ne cherche jamais du financement. Elle n'est jamais découragée par des expériences qui n'ont pas réussi. Elle ne peut pas se faire acheter par des enveloppes brunes.

Pour régler le problème des herbes qui tolèrent le glyphosate, Dow Chemical espère introduire une variété de récolte qui survivrait des arrosages d'herbicide appelé 2,4D. Présenté aux fermiers pour la première fois en 1946, le 2,4D était une découverte miracle, un herbicide qui pouvait tuer seulement une certaine classe de plantes au lieu de tout détruire. C'est moins sécuritaire que le glyphosate, surtout parce qu'il est parfois contaminé avec des dioxines. Mais il ne détruit pas tout sur son passage, bien que l'un de ses ingrédients chimiques est le fameux Agent Orange, le défoliant utilisé durant la guerre au Vietnam. (La dioxine dans le Agent Orange vient d'un autre composé chimique appelé 2,4,5-T.)

Tout de même! C'est de la chimie de fond de cave, de toute manière! C'est comme vouloir faire l'élevage d'oiseaux qui pourraient tolérer le DDT. Et bien que le USDA (département de l'agriculture des É.-U.) n'a pas encore pris de décision pour approuver ou pas le soya de Dow qui tolèrerait le 2,4-D, le département a décidé d’accélérer le processus de révisé les dossiers des cultures génétiquement modifiées, surtout pour aider la lutte contre les "mauvaises herbes" qui tolère maintenant le glyphosate à cause de son épandage exagéré depuis la dernière décennie et demie. Selon les statistiques de Dow, les "superweeds", les herbes qui tolèrent maintenant l'herbicide, sont maintenant dans 60 millions d'acres cultivés selon les chiffres de l'an passé. Si tout va bien, selon la bureaucratie, bien sûr, c'est encore plus de fric pour les poches de Dow.

"Les fermiers ont besoin d'une technologie dès maintenant pour les aider à régler les problèmes de résistance des 'mauvaises herbes'", disait un porte-parole de Dow le mois passé. Cela veut seulement dire que les fermiers ont besoin de cette technologie maintenant pour les aider à régler des problèmes créés de toutes pièces par une technologie introduite il y a 15 ans de cela. Au lieu de faire des pressions auprès des fermiers pour qu'ils évitent l'uniformité et se dirigent vers une plus grande diversité, l'USDA les aide à refaire la même erreur encore plus rapidement. Quand une idée ne fonctionne pas, l'USDA semble penser que la façon de régler le problème, c'est d'introduire des idées rapidement qui ne fonctionneront pas pour la même raison. Et il semblerait que c'est toujours la même mauvaise idée: l'application uniforme d'un agent anti-biologique, que ce soit un pesticide sur une récolte ou un antibiotique dans un élevage intensif. Les résultats seront toujours les mêmes. La nature trouve un moyen pour la contourner, rapidement.

Voilà l'irrationalité de l'agriculture telle qu'elle est pratiquée ici aux États-Unis et maintenant partout sur la planète. Elle s'est faite une grosse idée, et ne lâchera jamais, parce qu'elle a tout investi dans cette grosse idée. Contre l'uniformité et l'abstraction, face à ces millions d'acres de récoltes génétiquement modifiées, la nature gagnera toujours. Mais gagnera-t-elle jamais contre l'uniformité et l'abstraction bien ancrés dans le cerveau humain? On en doute beaucoup.



The Folly of Big Agriculture:
Why Nature Always Wins


Large-scale industrial agriculture depends on engineering the land to ensure the absence of natural diversity. But as the recent emergence of herbicide-tolerant weeds on U.S. farms has shown, nature ultimately finds a way to subvert uniformity and assert itself.

by Verlyn Klinkenborg

In its short, shameless history, big agriculture has had only one big idea: uniformity. The obvious example is corn. The U.S. Department of Agriculture predicts that American farmers — big farmers — will plant 94 million acres of corn this year. That’s the equivalent of planting corn on every inch of Montana. To do that you’d have to make sure that every inch of Montana fell within corn-growing parameters. That would mean leveling the high spots, irrigating the dry spots, draining the wet spots, fertilizing the infertile spots, and so on. Corn is usually grown where the terrain is less rigorous than it is in Montana. But even in Iowa that has meant leveling, irrigating, draining, fertilizing, and, of course, spraying.

You can argue whether uniformity is the result of efficiency or vice versa. But let’s suppose that efficiency is merely the economic expression of uniformity. The point is this: When you see a Midwestern cornfield, you know you’re looking at nature with one idea superimposed upon it. This is far less confusing, less tangled in variation than the nature you find even in the roadside ditches beside a cornfield or in a last scrap of native prairie growing in a graveyard or along an abandoned railroad right-of-way. Nature is puzzling. Corn is stupefying.

Humans have spent a lot of time trying to figure out what the big idea behind nature is. It’s hard to tell, because we live at nature’s pace and within the orb of human abstraction. We barely notice the large-scale differences from year to year, much less the minute ones. But if we could speed up time a little and become a lot more perceptive, we would see that nature’s big idea is to try out life wherever and however it can be tried, which means everywhere and anyhow. The result — over time and at this instant — is diversity, complexity, particularity, and inventiveness to an extent our minds are almost unfitted to conceive.

A reasonable agriculture would do its best to emulate nature. Rather than change the earth to suit a crop — which is what we do with corn and soybeans and a handful of other agricultural commodities — it would diversify its crops to suit the earth. This is not going to happen in big agriculture, because big agriculture is irrational. It’s where we expose — at unimaginable expense — our failure to grasp how nature works. It’s where uniformity is always defeated eventually by diversity and where big agriculture’s ideas of diversity are revealed to be as uniform as ever.

To a uniform crop like corn, farmers have been encouraged to apply a uniform herbicide to kill weeds. Modern corn is genetically engineered to not be killed by the herbicide in ubiquitous use. Mostly, that herbicide has been glyphosate, marketed under the Monsanto trade name Roundup. Farmers have sprayed and over-sprayed billions of gallons of Roundup thanks to an economic and moral premise: corn good, weeds bad. And yet you can’t help noticing that it has done nothing to stop the endless inventiveness of nature.

To broadleaf weeds and soil microorganisms, Roundup is not the apocalypse. It is simply a modest, temporal challenge, which is why, 15 years after genetically-engineered, Roundup-tolerant crops were widely introduced, it’s no longer working against spontaneous new generations of Roundup-tolerant weeds, especially in cotton fields. This is because research, in nature’s laboratory, never stops. It explores every possibility. It never lacks funding. It is never demoralized by failed experiments. It cannot be lobbied.

To fix the problem of glyphosate-tolerant weeds, Dow Chemical is hoping to introduce crop varieties that will withstand being sprayed with an herbicide called 2,4-D. When it was first released to farmers in 1946, 2,4-D was a breakthrough — a herbicide that killed only certain kinds of plants instead of killing them all. It’s less safe than glyphosate, especially because it’s sometimes contaminated with dioxin. But it’s not an indiscriminate, lethal killer, despite the fact that it was one of the chemicals in Agent Orange, the notorious defoliant used during the Vietnam War. (The dioxin in Agent Orange came from another component chemical called 2,4,5-T.)

Still, this is backward-engineering of a sort, like trying to breed birds that will tolerate DDT. And while the USDA hasn’t decided whether to approve Dow’s 2,4-D-tolerant soybeans yet, it has decided to speed up the process of reviewing genetically-engineered crops, mainly to help deal with the spread of so-called superweeds caused by the nearly universal application of glyphosate for the last decade and a half. According to Dow’s numbers, superweeds affected some 60 million acres of crops last year. If things go right, bureaucratically, that is just so much cash in Dow’s pocket.

“Farmers need technology right now to help them with issues such as weed resistance,” a Dow official said last month. Translation? Farmers need technology right now to help them with issues created by right-now technology introduced 15 years ago. Instead of urging farmers away from uniformity and toward greater diversity, the USDA is helping them do the same old wrong thing faster. When an idea goes bad, the USDA seems to think, the way to fix it is to speed up the introduction of ideas that will go bad for exactly the same reason. And it’s always, somehow, the same bad idea: the uniform application of an anti-biological agent, whether it’s a pesticide in crops or an antibiotic on factory farms. The result is always the same. Nature finds a way around it, and quickly.

This is the irrationality of agriculture as it’s practiced in the United States and now all over the world. It has one big idea, and it will never give it up, because it has invested everything in that one big idea. Against uniformity and abstraction — embodied in millions of acres of genetically-modified crops — nature will always win. Whether it can ever win against the uniformity and abstraction embodied in the human brain is very much in doubt.


Link: http://e360.yale.edu/feature/the_folly_of_big_agriculture_why_nature_always_wins/2514/
Photo: reallyboring

Sunday, May 27, 2012

Gaz de schiste - le débat émerge aussi au Delaware

Photo: William Bretzger
Chambers Works, l'usine de DuPont à Deepwater, au New Jersey
Une nouvelle sur la fracturation est préoccupante

En 2009 et 2010, la rivière Delaware près de Wilmington a eu un avant-goût des déchets générés par la méthode controversée qu'est la fracturation hydraulique pour extraire le gaz du schiste.

Quelques 1,4 millions de gallons d'eaux usées partiellement traitées accumulées après des fracturations hydrauliques faites dans des puits forés hors du bassin versant de la rivière Delaware ont été traités davantage et déversés ensuite dans les eaux de la Delaware sur le site industriel de DuPont, plus spécifiquement de son usine de traitement d'eaux usées située à Deepwater, au New Jersey, près du pont Delaware Memorial Bridge.

Les régulateurs en ont appris la nouvelle quand ils ont été rejoint par les journalistes du The News Journal à la mi-mai qui leurs ont appris que ces eaux de forages ont été acceptées par l'usine de DuPont pour se faire traiter, pour ensuite sortir d'un tuyau déversoir dans la rivière sur la rive du côté de Delaware, l'autre côté de la ligne frontalière entre les deux états.

Certains groupes environnementaux ont qualifié l'incident de DuPont comme étant un jeu de cache-cache qui fournit la preuve que le Delaware est directement impliqué dans la lutte entre les états sur les règlements qui encadrent la fracturation hydraulique, même si les couches de schiste du Marcellus qui contiennent du gaz sont bien loin au nord et à l'ouest des bassins versants qui fournissent l'eau potable à la partie nordique du Delaware.

"Les eaux usées sont un important problème, et il y a un niveau élevé d'inquiétude quand il s'agit de forages gaziers dans le bassin versant de la rivière Delaware parce que nous avons des installations comme celles de DuPont qui voudront empocher l'argent, et cela veut dire que des eaux usées viendront du Delaware ou juste en amont." dit Maya van Rossum, la directrice de l'ONG Delaware Riverkeeper Network.

Rick Straitman, un porte-parole officiel de DuPont, a dit que Deepwater a recçu des eaux usées des puits gaziers pour se faire traiter seulement après qu'elles aient été mélangées avec d'autres déchets liquides traités partiellement reçues par camions-citernes venant d'un transporteur de déchets dangereux du nord de Philadelphia.

Straitman a ajouté que DuPont a cessé de faire des affaires en traitement de déchets industriels à Deepwater le 30 mars et maintenant opère l'usine pour traiter les déchets chimiques de Chambers Works. Il a dirigé les questions sur le pré-traitement et les mélanges de déchets gaziers avec d'autres liquides vers une compagnie de la Pennsylvanie appelée PSC Industrial Services, et a ajouté que DuPont n'a pas pris de décision finale au sujet des traitements des eaux usées de fracturation dans l'avenir.
Photo: rachelOlsen.com

"Debate seeps into Del.
Fracking discovery stirs concern

In 2009 and 2010, the Delaware River near Wilmington got a little-noticed early taste of the waste left behind by the controversial natural gas drilling method called fracking.

Some 1.4 million gallons of partially treated wastewater collected from hydraulic fracturing, or fracking, wells outside the Delaware River basin were further processed and flushed into Delaware waters through the commercial side of DuPont Co.’s big wastewater plant in Deepwater, N.J., near the foot of the Delaware Memorial Bridge.

Delaware regulators only learned when contacted by The News Journal last week (mid-May 2012) that this drilling wastewater passed through DuPont’s plant for treatment, exiting from a discharge pipe under the river on Delaware’s side of the state line.

Some environmental groups have branded the DuPont incident a chemical shell game that proves Delaware has a direct stake in an interstate fight over fracking regulations, even though the nearest gas-bearing layers of Marcellus Shale are well north and west of watersheds that provide northern Delaware’s drinking water.

“Wastewater is a big issue, and there’s a heightened level of concern about gas drilling in the Delaware River Basin because you have facilities like DuPont that will want to take it for the money, and that means water coming down and around Delaware and Delaware water or just upstream,” said Maya van Rossum, who directs the Delaware Riverkeeper Network.

DuPont official Rick Straitman said last week that Deepwater received gas well wastewater for treatment only after it was mixed with other, partially treated liquid wastes shipped in by a hazardous-materials handler north of Philadelphia.

Straitman added that DuPont discontinued its industrial treatment-for-hire business in Deepwater on March 30 and now operates the plant only for Chambers Works chemical plant wastes. He referred questions about pretreatment and mingling of gas wastes with other liquids to the Pennsylvania company, PSC Industrial Services, but also said that DuPont “has made no business decisions” about future treatment of hydraulic fracturing wastewater."

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